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Tadjikistan : la vallée de Wakhan entre l’Hindu Kush et le Pamir

 Mahmadwaffa, wakhi du Tadjikistan. Mahmadwaffa, wakhi du Tadjikistan.

« Allez, viens ! Suis moi, de la haut, tu vas avoir une belle vue sur le massif de l’Hindu Kush et de la vallée de Wakhan », me lance le vieil homme avec son chapeau multicolore. Mahmadwaffa, a beau être âgé de 63 ans  et se mouvoir avec ses vieux mocassins de cuir, c’est indéniable : il avance beaucoup plus rapidement que moi avec mes chaussures de randonnée..
J’ai beaucoup de mal à suivre le Wakhi qui sautille comme un cabri, de roche en roche sans se soucier de l’altitude. A près de 2.800 mètres, l’ancien fumeur que je suis a le souffle coupé durant l’effort.

Nous escaladons les petits sentiers de cette chaine montagneuse du Pamir pour jouir d’un point de vue assez extraordinaire sur la vallée de Wakhan. Ici, c’est le Tadjikistan, en face, c’est l’Afghanistan, et tout en bas coule le Piandj.
Ce fleuve nourricier et le climat permet à la population d’assurer parfois deux récoltes de blé afin de tenir durant l’hiver qui peut être rigoureux.
En marchant le long de cette vallée, on ne peut être que touché par la gentillesse des Wakhis. Ils forment une branche minoritaire du Chiisme, les Ismaéliens, dont le guide spirituel est l’Aga Khan. Chacun ici est un rouage d’une société où tout le monde aide d’une manière où d’une autre : travail dans les champs, construction d’une maison où effort scolaire.

 Mahmadwaffa, avant que nous ne brisions la glace.  Mahmadwaffa, avant que nous ne brisions la glace.

Mahmadwaffa a été mollah, religieux, mais il est aussi professeur d’anglais et d’allemand à l’école numéro 9 du village de Vrang, il me convie dans la cour de récréation de l’école qui est un vaste pré de la vallée où les enfants jouent au volley-ball. Je comprends qu’il a appris l’Allemand à Berlin Est, à l’armée. Le Tadjikistan faisait partie de l’URSS et de nombreux soldats sont venus dans les états sous domination communiste dans le cadre du pacte de Varsovie, l’équivalent soviétique de l’Otan. A son retour, il est revenu dans ce coin du Haut-Badakhchan : « La vie est parfois dure dans la vallée, au début des années 1980 il a eu durant une très grande durée, la famine et on a du notre salut qu’à l’aide alimentaire apportée par l’Aga Khan, notre chef spirituel », confie-t-il.

Le meilleur moyen de découvrir la vallée est de combiner marche et autostop ou à vélo. Pour y arriver, de nombreux 4X4 parcourent la vallée depuis Dushanbe via Korog par la mythique Pamir Highway ou M41. Ensuite, pour retrouver cette fameuse M41, il faudra trouver un rare véhicule qui veuille bien passer la Kargush Pass à 4332 mètres ou rebrousser chemin, comme l’a fait mon pote Laurent aka Onechai.fr. Il y a très peu d’hôtels, mais beaucoup d’hébergement en chez l’habitant ont été créés. Il y a de fortes chances que vous soyez invités à partager un repas chez les Wakhis, leur sens de l’hospitalité ne se s’est jamais démenti durant la quinzaine de jours que j’ai passée là-bas.

La vallée du Wakhan n’était pas ma destination première de cet automne 2014. Visa afghan en poche, je voulais me rendre dans une partie de l’Afghanistan isolée, le corridor de Wakhan, qui est de l’autre côté de la grande chaine de montagne de l’Hindu Kush. Je voulais approcher cette terre, zone tampon entre la Chine, le Pakistan où vivent un certain nombre de Wakhis. Je me suis contenté de cette partie tadjike d’Ichkachim à Langar qui est superbe, facile d’accès…
D’après mon Laurent,  que j’ai failli croisé l’été 2014.

Pratique. Une fois le permis GBAO obtenu à Dushanbe, deux solutions s’offrent à vous : par les airs via Khorog puis taxi collecits ou totalement par la route en taxi collectif en passant par la M41, la Pamir Highway. Compte tenu de la rigueur du climat, je vous conseille d’y aller de mai à octobre,

 Le Piandj se forme du rassemblement de deux autres rivières le Pamir et le Wakhan-Daria. Le Piandj se forme du rassemblement de deux autres rivières le Pamir et le Wakhan-Daria.

Au fait, vous vous demanderez peut être pourquoi elle ne s’appelle pas vallée du Piandj ? Car plus haut, le Piandj se forme du rassemblement de deux autres rivières le Pamir et le Wakhan-Daria. Le Piandj, beaucoup plus en aval formera l’Amou Daria qui finira pratiquement à sec dans la mer d’Aral. Triste destin d’une mer sacrifiée sur l’autel de la production de coton.



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